Retenir la jeunesse et l'innocence est un projet d'écriture et de réflexion sur le théâtre jeune public. Il s'est déroulé en 2024. Il a été animé par la Compagnie Ginko et le Quai des arts (Argentan) auprès des personnes détenues du Centre de détention.

La compagnie Ginko avait déjà travaillé sur ce thème avec les personnes détenues à la Maison d'arrêt de Rouen et au Centre pénitentiaire du Havre.

Le projet :

Dans Retenir la jeunesse et l'innocence les personnes participantes au Cd d'Argentan se sont plongées dans leurs souvenirs mais aussi dans leurs envies futures pour imaginer individuellement et collectivement leur(s) propre(s) histoire(s) pour la jeunesse.

Ils ont écrit et dessiné avec Naema Boudoumi, Elie Baissat et Zoé Laulanie de la compagnie Ginko.

Avec la matière récoltée, les participants ont élaboré un texte théâtral.

Naema et Elie de la compagnie Ginko les ont accompagné dans leur choix, pour trouver comment partager ces traversées imaginaires.

Ce temps précieux de la mise en commun a permis de créer un groupe solidaire dans lequel chacun était responsable de lui-même, de l'autre et de l'objet commun qu'a été le texte créé.

L'objectif principal était de permettre à chacun de trouver sa place et de se sentir essentiel dans le processus créatif collectif.

Les textes ont ensuite été mis en voix et ont fait l'objet de séances de travail collectives.

Afin de soutenir les propositions et d'ouvrir la voie à plusieurs personnages, des comédiens professionnels ont également incarné les textes.

Zoé Laulanie, illustratrice, a rejoint le travail pour collaborer durant quelques séances avec les personnes détenues afin de créer un univers visuel cohérent autour de l'objet final du livre en harmonie avec les textes produits.

Enfin, il était indispensable que les récits soient soutenus par une partition musicale. Le conservatoire d'Argentan a donc participé à la création musicale.

En parallèle de cette écriture et mise en voix et musique, les personnes détenues ont pu découvrir ce qui s'écrit aujourd'hui pour la jeunesse à travers des albums illustrés mais aussi le théâtre.

Cette action a réuni 11 personnes durant 37 séances.

Voici un extrait du recueil des textes et des illustrations :

Pour télécharger le recueil intégral, cliquez ici : les enfants des bleuets

La compgnie Ginko :

La Cie Ginko est née en 2010 en Île de France et a depuis 2015 investi le territoire Normand à Rouen. Fondée par Naéma Boudoumi, la ligne artistique la compagnie se situe dans l’interdisciplinarité à l’image de la diversité sociale et culturelle présente dans ses créations .

Rompre l’isolement, solliciter l’imagination de spectateur, rassembler différentes communautés autour de problématiques sociales et culturelles. La compagnie GINKO base ses recherches sur la notion de famille, d’appartenance, sur l’exclusion et la violence mais aussi le corps, la transmission et la santé.

Contact : cieginko@yahoo.fr

Zoé Laulanie :

Zoé Laulanie est illustratrice. Elle fait des livres, de la peinture, et du foot aussi. Elle aime dessiner des villes, les gens qui sont dedans, des cailloux, et ce qu’il y a à l’intérieur des têtes.

Le Quai des arts :

Le Quai des Arts est l’équipement culturel municipal de la ville d’Argentan, ouvert depuis septembre 2009. Il est composé de deux salles de spectacles destinées à la diffusion et à la création du spectacle vivant.

Centre de détention d'Argentan :

Le Centre de détention d’Argentan est situé Route de Tercey à Argentan.

Il est constitué d’un quartier hommes de 638 places.

Cette action s'inscrit dans le cadre de la convention régionale Culture / Justice, signée par la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Normandie, la Direction Interrégionale des Services Pénitentiaires de Rennes, la Direction Interrégionale de la Protection Judiciaire de la Jeunesse du Grand-Ouest et la Région Normandie.

Avec le soutien de la Fondation Crédit Mutuel 

Coordination : Margaux Ozog, Service Pénitentiaire d'Insertion et de Probation de l'Orne – Ligue de l'Enseignement Normandie

 

 

 

Trois questions à Naema Boudoumi, comédienne et metteuse en scène, Compagnie Ginko :

1. Vous avez poursuivi ce projet de création partagée autour du théâtre jeunesse dans trois établissements pénitentaires, pourquoi ?

Il était nécessaire d'expérimenter sur un temps long cette thématique jeunesse, rarement mise en avant avec des participants masculins.  Nous avons commencer en douceur et senti le désir et la nécessité  de mener ce projet à grande échelle pour libérer la parole et l'imaginaire.

Au cours de nos trois partenariats, nous avons pu affiner les propositions et ouvrir le champs à d'autres médias comme la musique, et l'illustration. Avec le Quai des Arts et le centre pénitentiaire d'Argentan nous avons élaboré un projet au long cours de plusieurs mois. Nous avons ainsi pu aboutir à une forme beaucoup plus élaborée, allant de l'écriture à la scène ainsi que la sortie d'oeuvre du livre sonore Les enfants des bleuets.

La confiance établie sur les dernières années nous a permis d'avoir les moyens de mener ce projet et de valoriser au maximum les participants.

2. Comment se sont déroulés les ateliers du projet Retenir la jeunesse et l'innocence à Argentan ?

Dans un premier temps les participants ont découvert l'univers de du livre jeunesse par la lecture et l'échange autour d'oeuvres variées, autant dans le forme que dans leur thèmes.

Puis un travail d'imagination a pu débuté, faisant appel leurs souvenirs et/ou leurs désirs afin qu'ils puissent construire leur propre histoire pour la jeunesse. Ont été encouragées toutes les formes d'écritures possibles (écriture, partage de textes, discussions, récits de souvenirs, enregistrements, etc.).

Ce travail s'est poursuivi par la mise en commun des matériaux accumulés par chacun. Ce temps a permis à chacun de se confronter aux enjeux dramaturgiques de l'élaboration d'un texte théâtral et de fédérer un groupe autour de 3 histoires inventées et développées tous ensemble laissant la place à chacun de trouver sa place dans cette création collective.

Les histoires terminées, nous avons mis en place un temps d'enregistrement. Faisant ainsi découvrir aux participants une autre facette d'une œuvre pour la jeunesse avec le passage à l'oralité et à l'interprétation. Un travail de post production sonore a soutenu ce travail d'enregistrement pour aboutir à un CD où les trois histoires seront racontées par leurs auteurs. Le Conservatoire d'Argentan a été également partenaire pour la création musicale.

Un travail d'illustration avec une illustratrice ayant déjà participé à plusieurs créations de la compagnie sera ensuite mené. Il a permis à chacun de revisiter les histoires créées à travers un nouveau prisme de narration, le dessin. Cela mêlé aux textes déjà produits a donné naissance à un ouvrage agrémenté d'un CD intitulé Les enfants des Bleuets. Ce livre a pu être distribué au terme de l'atelier à tous les participants pour qu'ils puissent en faire bénéficier leur famille. Par ailleurs, il est également partagé à la bibliothèque du centre pénitentiaire et dans plusieurs autres bibliothèques dans différents lieux de détention normands.

Un dernier temps a été consacré à l'élaboration d'une lecture à l'intérieur du centre pénitentiaire. Durant une semaine, deux comédiens de la compagnie sont venus partager leur savoir faire avec les participants et les accompagner au plateau lors d'une restitution devant un public.

3. Avez vous envie de travailler à d'autres projets avec les personnes détenues ?

Absolument. Nous avons depuis continuer nos actions et projets. Notre engagement en détention fait partie de notre démarche artistique de compagnie.

Il est nécessaire pour nous d'aller à la rencontre de tous les publics et de permettre à ceux qui  en sont le plus éloignés de la culture, d'éprouver le geste créatif favorisant ainsi la cohésion, la rêverie et le faire-ensemble.

Retenir la jeunesse et l’innocence : Les enfants des bleuets